mardi 6 mars 2007

Bon alors, le rectum...

AVERTISSEMENT : Ce post est très long, désolé.

Voilà, il était temps. Parce que j'avais promis, et puis c'est important d'en informer le plus possible, malgré mes doigts qui ne font que commencer à dégeler et mon indez droit qui est anormalement irrité à cause de ma fin de semaine à l'entretien (je frotte peut-être trop fort en employé modèle que je suis).

Alors, j'ai eu ce cours mardi dernier, donc il y a une semaine, sur quelques théories élaborées dans «Le rectum est-il une tombe?» de Leo Bersani, juste après avoir vu ça le soir précédent. Ça m'a expliquer bien des choses sur ma réaction vis-à-vis le film.

Bien qu'il n'est pas question que de ça et que je sais que Bersani chiale pas mal après la communauté gay pour différentes raisons qui, à la limite, mériterait réflection dans l'optique des études sur la différence sexuelle, je veux plutôt parler ici du rapport qui existe entre les discours tenus sur les gays et le féminin. Pour faire un bref topo, il faut d'abord comprendre qu'à travers l'histoire, la femme a trop souvent été perçue comme un corps sans âme, un être malade qui peut contaminés ses proches, une hystérique et parfois même un monstre. Ça serait bien long d'énumérer les récurrences de tout ça, mais bon, pensons seulement à Aristote ou Freud qui ont grandement marqués la pensée occidentale. On critique donc, de façon plus ou moins détourné, le féminin et la «contamination» qui le caractérise.
Cela dit, les discours tenus sur les gays sidéens dans les années 80 était le même que celui sur les prostituées au 19e siècle. Le vagin était alors symbole de peste ou de mort. Par la suite, l'objet du concept symbolique s'est seulement déplacé vers la communauté gay à cause du sida, donc vers le rectum. Alors, l'homosexualité a «attrapé» les caractéristiques par lequel on désignait le féminin dans le passé (remarquez, ça se fait encore, inconsciament ou non, parce que les mentalités n'évoluent pas aussi vite qu'on pourrait le croire.)
Bersani met de l'avant que la société a toujours eu une volonté d'éradiquer l'homosexualité, un désir de meurtre envers eux. Le sida a seulement libérer, voire même légitimé ce désir. Et puis, dans société, il faut inclure la communauté gay elle-même, qui a en elle aussi cette volonté parce qu'elle fait partie du sociale. Alors, tout cela a fini par actualisé la perception commune de l'homosexualité comme une maladie ou une orientation suicidaire.
En somme, celui que l'on déteste, c'est le pénétré. Et on le déteste parce qu'il prend volontairement une position de femme. Selon Bersani, ce que l'on méprise dans la sexualité, c'est le rôle passif. Et n'allez pas penser que la fellation ou alors la position d'Andromaque y changent quoi que ce soit. Passif dans le sens pénétré.

Voilà où on doit en venir avec tout ça : c'est que la soumission fait partie d'une réflection à faire sur la sexualité. Il faut finir par reconnaître que le refus chronique de la perte de pouvoir (parce qu'il est belle et bien question de pouvoir, c'est connu) est conditionné par l'imaginaire sociale très très phallocentré et donc, finir aussi par reconnaître la valeurs de l'abandon du pouvoir. Cela permet alors de déduire que le masochisme est un aspect important dans la sexualité, et même qu'il doit être visité pour réussir à comprendre (ce que j'ai toujours dit!) La haine des gays seraient donc une misogynie déplacée. Et c'est pourquoi le rectum serait effectivement une tombe. Une tombe pour le moi, une tombe du culte du monde de la maîtrise du pouvoir.

Bref, la sexualité est systématiquement perçu comme une prise de pouvoir, mais il faudrait tenter de réaliser que la perte de pouvoir est aussi au centre du sexuel. Les femmes doivent passer outre leur réflexe de se percevoir comme des victimes après coup (je ne tente toutefois pas de légitimer le viol ici) et comprendre qu'il y a une valeur dans la position à laquelle elles sont contraintes biologiquement.

Et puis, au pire, c'est pas pour rien qu'on a fini par inventé le strap-on!
Ahahah...

6 commentaires:

Anonyme a dit...

Et si ceux qui portaient de la haine aux gays ou encore les misogynes étaient des hommes qui se sentent menacés ?

Des homosexuels frustrés ? Dans certains cas, oui. Mais d'autres... Je ne sais pas... Ils sont pas homo mais misogynes oui dans un sens... Ils regardent des films pornos, vont aux danseuses et tout... Mais sont-ils capables de faire jouir leur femme ?

Pognent-ils ? Ben non, ce sont des gros caves...

Pour d'autres ce pourrait être la peur de l'homosexualité ou de passer pour...

Ben... Aucune idée moi j'aime les femmes... Et c'est pas avec des idées de domination...

Elise a dit...

Le rapport à la porno et aux danseuses, je le vois pas bien. Ya pas de lien direct.
Et je comprend pas très bien la pertinence du reste du commentaire. En fait, ce que j'explique dans mon message, c'est simplement que la sexualité féminin est parfois volontairement, souvent inconsciament, perçu comme quelque chose de dégradant, de monstrueux, de suicidaire. C'est dans l'imaginaire collectif, c'est ainsi. Mais ça n'a pas nécessairement à voir avec la vision des hommes vis-à-vis l'homosexualité (ben peut-être oui un peu, mais pas dans le même sens que tu pourrais le croire). J'ai l'impression que tu as mal compris un truc et je me demande si j'ai mal expliqué alors...

Anonyme a dit...

Bon je vais sur le web... C'est ce cours là avec un plan mis-à-jour ?

http://www.littfra.umontreal.ca/cours/2005-2006/FRA3306.htm

Bien moi je ne sais pas trop et je vois pas vraiment le rapport avec la littératrure... Je trouve que c'est plus de la sociologie...

Bon c'est de la littérature également... Mais moi je veux plus en de la littérature faisant appel à l'imaginaire pas des sciences sociales...

Oui de la psychanalyse on peut en parler... Mais un écrivain c'est un artiste et un intellectuel... Bon il peut bien être gay, hétéro ou autre, parler de sexe ou très peu... En autant qu'il sache écrire...

Pour la perception de la sexualité féminine on fait aussi référence à la religion et tout cela dans le cours ?

La sexualité féminine ou en couple.. Il n'y a rien de dégradant là-dedans... Bon mais comment est perçu la femme dans la littérature et tout...

Et l'homosexualité ?

Et je sortais un peu du sujet de ton cours je pensais aussi à une autre histoire dans l'actualité impliquant un animateur de radio de CKRS, Louis Champagne...

ET pour les gays, ils peuvent moi aussi me taper un peu sur les nerfs... Avec leur culture gay et leurs icônes... Vous aimez Judy Garland ? Mais c'est l'icône des gays... Mais pourquoi donc ? Pas obligé d'être gay pour l'aimer...

Bon et plus haut je me pose certaines questions mais je ne connais pas les cours que vous devez suivre... Je ne suis pas anti-intellectuel je me considère moi-même être de ce type là... À ne pas confondre avec homosexuel...

Par contre, les profs d'université s'intéressent-ils vraiment à ce qui est intéressant ? Je ne le sais pas trop... Peut-être plus que la télévision ou la radio commerciale...

Il faudrait quasiment avoir suivi le même cours que toi pour pouvoir te donner une bonne réponse ou le suivre en même temps... Ou du moins avoir lu le livre...

Vu sur un autre site...

http://www.dailymotion.com/video/xhoeb_polnareff-1971

La chanson ''Je suis un homme ''...

Bon on répond peut-être pas dans le même sens que ton cours... Mais on te répond pareil... Peut-être pas dans le bon sens... Mais on dit des choses... Pas nécessairement intéressantes... Mais en tous les cas...

Elise a dit...

Je comprend pas grand chose de ce que tu tentes de dire (d'ailleurs, j'ai aucun titre précis ni ma carte de l'âge d'or, tu n'es pas obligé de me vouvoyer) ou alors je veux pas comprendre, ou les deux. Pour répondre qu'à une des choses que tu dis, je trouve que c'est facile d'aller chialer après la littérature et le sujet de mon cours en ne connaissant que la surface. Ça n'a aucun rapport avec la surface, et la psychanalyse n'est même pas appliqué à l'auteur mais plutôt au situation fictionnel, au personnage peut-être un peu, mais sinon, ça pas de sens tout à fait. Un auteur n'est pas nécessairement ce qu'il écrit. «Je est un autre». Je ne suis pas contre les commentaires, sinon j'enlèverais la possibilité d'en écrire (parce que je peux). Je trouve seulement parfois que l'impulsivité empêche, en quelque sorte, de bien réfléchir à ce que l'on dit. C'est compliqué à expliquer, mais parfois, tes commentaires me laissent une étrange impression...

Elise a dit...

La littérature, dans le passé du moins, englobait tous les écrits, qu'ils soient philosophique, sociologique, fictionnel ou de tout autre ordre.

Les cours de littérature universitaire doivent poussé un peu plus loin que le seul aspect fictionnel, sinon où est le but?

Et puis, il ne s'agit pas du tout de se demander "l'auteur est-il gay ou pas" ou "le texte parle-t-il de sexe ou pas". C'est à une autre niveau, totalement.

Je commencerai même pas sur ce qu'est un écrivain. Parfois même, savoir écrire est facultatif.

J'ai jamais parler de religion, je ne vois pas bien ce que ça vient faire dans tout ça. De toute façon, la religion occidental, c'est totalement inspiré des mythes antiques, et donc de la conception par l'homme du monde.

Le concept dont je parle n'est pas systématiquement à rabattre sur la littérature, et je ne me souviens pas non plus en avoir fait mention à ce sujet. À moins que pour toi, lorsque je dis «imaginaire», ça fasse immédiatement référence à l'art. Donc sache que non, je dis bien imaginaire sociale.

Pour ce qui est du dégradant, relis mon post. Je dis pas que ça l'est. Je dis que c'est perçu ainsi. Généralement de façon inconsciente. Et que c'est conditionné par la société à travers l'histoire de la pensée sur la différence sexuelle.

Je vois pas le rapport, mais alors pas du tout du commentaire sur les homosexuels. Je ne les présente dans mon post seulement pour expliquer la théorie de Bersani, rien d'autre. Mon but n'était pas de commencer à me questionner là-dessus, je me questionne pas sur l'homosexualité me qualifiant moi-même de queer en quelque sorte, j'ai mes idées bien fixées sur le sujet.

Le commentaire sur les profs universitaires pourraient avoir été agréable à entendre. Mais il s'agit ici du cours que j'aime le plus de toute ma session et de la prof que j'aime le plus de tout mon programme (probablement une des seules d'ailleurs). Alors, à mon avis, oui, elle s'intéresse à des trucs intéressants, et qui sont pertinents en plus de ça.

J'ai jamais vraiment poser de question il me semble. Je ne faisais que propulser le concept en m'appuyant sur un résumé qui m'en a été fait. Parce que ça m'a éclairée, que ça en a éclarairé d'autres et que ça pourrait éclairer encore plus de gens peut-être. Je ne quémande aucune réponse, je suis seulement ouverte aux commentaires, ce qui est vraiment autre chose. Ya pas de sens à une réponse. C'est juste que parfois, et je suis complètement franche ici, porte attention s'il-te-plait, j'ai vraiment l'impression que tu ne me lis pas complètement. Ou alors pas comme il le faut. Comme si l'urgence de réagir est plus forte et que tu te lances dans le commentaire avant même d'avoir fini de lire ce que je dis. Parce que parfois, ce que tu écris semble ne faire aucun sens par rapport à ce que je dis initialement. Et si c'est ça, que c'est une envie de t'exprimer qui t'anime, je conseille alors de t'ouvrir ton propre blog. À mon humble avis, ça serait probablement plus agréable pour toi.

Voila ma réponse!

Anonyme a dit...

Bonsoir Élise. Oui, c'est encore moi.

C'est souvent avec toi que je veux échanger... Je veux peut-être te faire un commentaire et qui te paraît non-approprié...

Je peux avoir mal compris comme toi mal comprendre ce que je dis... Ou bien je n'ai pas choisit le bon sujet dans ton blogue...

Parfois pour que mon commentaire soit plus pertinent, je pourrais avoir besoin de plus de détails sur ce que tu dis...

Bon nous pouvons avoir un décalage sur notre âge, notre formation et tout cela...

Donc, on ne se comprend pas toujours mais je t'ai déjà dit ce que j'éprouvais pour toi... Une sorte de tendresse et d'amitié...

Par contre, je suis un peu décalé... Ou je n'ai probablement pas compris... Peut-être...

C'est sûr que des fois cela pourrait être plus simple en personne de se jaser mais on reste dans le virtuel...

En classe ou chez soi, on a le livre et le prof et tout cela... Bon c'est plus facile d'expliquer à quelqu'un avec le texte devant les yeux...

Bon moi je suis heureux pour toi si tu as du succès dans ce cours et l'aime.

Bon alors excuse-moi pour mes commentaires qui peuvent sembler hors-sujet ou décalé...

Par contre, cela enlève rien au fait que je veux communiquer avec toi. Bien sûr, nous sommes différents et moi je n'ai pas la même formation...

Parfois sur certains sujets on clique probablement plus facilement... C'est arrivé... Peut-être en étant plus léger...

Pour être plus profond, bien il me faudrait lire les textes moi aussi afin d'être dans le sujet.

Amicalement,

Ami Virtuel